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  • De l'origine des livres de recettes communautaires.

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    A propos des livres de cuisine communautaires

    Aux Etats-Unis, le premier de ces livres de cuisine de charité, A Poetical Cookbook, écrit par Maria J. Moss, a été publié en 1864 pour subventionner les frais médicaux des soldats de l’Union blessés pendant la guerre de Sécession.

     

    Le succès de ce genre d’ouvrages a porté d’autres organisations à utiliser des recueils de recettes pour lever des fonds: 3000 «livres de cuisine de charité» ont été publiés aux Etats-Unis entre 1864 et 1922… Les groupes religieux notamment se sont beaucoup servis  de cette méthode où chacune donnait sa petite recette, et on publiait la compilation.

     

    Certaines de ces recettes ont acquis une certaine notoriété comme la Mrs. Mary F. Curtiss’ Rebel soup (la soupe rebelle de Mrs. Mary F. Curtiss, aux tomates), ou la Miss M.A. Hill’s Mother’s Election Cake au Saindoux et à la noix de muscade)… Toujours sur le même principe, chaque personne y allait de sa petite recette secrète, et le résultat était un livre complet.

     

    Ces vieux livres ont inspiré un nouveau genre de littérature culinaire: des histoires de personnes et de groupes, entrelacées à des recettes.

     

    C’est ce que l’on retrouve dans les blogs culinaires actuels dans lesquels les recettes sont émaillées de récits personnels. De même qu’au travers de ces livres communautaires nous découvrons des morceaux de vie des femmes de l’époque, les blogs donneront dans le futur une idée de notre manière de manger et de cuisiner.

    A ma connaissance cette pratique n’est pas courante chez nous en Belgique.

    Par contre à Ndjamena où j’ai vécu, si nous n’avions pas dû quitter le Tchad, j’aurais pu publier un recueil de recettes au profit des œuvres patronnées par le Club des femmes internationales, toutes les recettes étaient rassemblées.

     

    Parmi les épouses d’ « expats », selon l’expression consacrée, il y avait 25 nationalités différentes et chacune proposait deux recettes.

     

    Il ne s’agissait pas de publier n’importe quelle recette de son pays d’origine, mais des recettes réalisables avec comme source d’achat le marché local uniquement, de manière à ce qu’elles soient accessible à toutes les femmes locales.

     

     

    Je possède aussi un recueil de recettes en anglais publié par des « Peace Corps » qui étaient présents un peu partout en Afrique.

    Qu’est-ce que ces jeunes volontaires n’inventaient pas pour essayer de retrouver au fond de la brousse le goût de plats introuvables : telle la recette de choucroute, faite de papaye verte.

    La recette de rats fumés qu’on y trouve montre un talent rare d’adaptation. Au choix.

     

    Manifestement cette tradition anglo-saxonne se perpétue : tout récemment une de mes petites filles, 7 ans, m’a accueillie à Londres en m’offrant un joli recueil dans lequel sont réunies 50 recettes venant d’horizons différents La photo jointe est celle du dos de ce recueil : un dessin qu’elle a réalisé. C’est amusant, regardez la balance ce ne sont pas des pounds mais bien des kilos…Les parents y ont mis gracieusement  leur talent au service d’une cause qui sollicite la générosité de la communauté.  

    Sur notre continent cette mentalité n’existe pas ou peu. On publie pour en tirer notoriété ou bénéfice, plus pour satisfaire son égo que pour partager ce qu’il  nous a été donné de connaître.

    Hélas…

     

  • Os à moelle "brulé"

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    Os à moelle « brulée ».

    Non il ne s’agit pas d’une recette mais d’une petite astuce que je viens de découvrir et qui m’a parue bien utile.

    Plutôt que de griller les os  de manière traditionnelle, je les ai mis dans le four à micro-ondes à puissance maximale pendant 3 minutes.

    Chaque four étant différent, je vous conseillerais de tester avec un petit morceau d’os avant de vous lancer dans l’aventure.

    Normalement la moelle sera cuite à cœur.

    Il vous suffira alors de griller le dessus à l’aide d’un brûleur à gaz.

    Vous connaissez le livre de Jennifer Mclagan?

    Je vous le recommande vivement.

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  • Pouf, pic nique douille, c'est toi l'Andouille.

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    Pouf ! Pic nique douille. C’est toi l’andouille.

    Quand nous vivions à Niamey au Niger, la plupart de nos amis étaient français.

    Quand un soir je les ai invités pour partager le fameux waterzooi (prononcer waterzouille), ils étaient morts de rire et ont par la suite ajouté des « ouilles » partout quand ils parlaient de nous. Je n’avais, jusqu’à la lecture de la Célébration de l’Andouille par le Père Lelong, jamais réalisé ce le mot andouille provoque comme réactions.

    Les citations sont extraites de son livre dont je vous conseille fortement la lecture désopilante.

    « Mon andouille a suscité tant de rires, de toutes les couleurs, que j’ai tenté d’approfondir l’automatisme de ce phénomène dont on sait qu’il est le propre de l’homme.

    Il est remarquable que toutes les voyelles du fameux sonnet de Rimbaud sont mobilisées par le nom d’Andouille. A, o, u, i, e…L’oxygène qu’elles lui apportent donne à ce mot son ouverture, sa robustesse et sa santé.

    Un fait indéniable : c’est la vertu que possèdent généralement les mots qui s’épanouissent dans ce phénomène replet, bonasse, familier et réjouissant. Témoins : citrouille, grenouille, gargouille, grouille, bouille, bredouille, nouille, farfouille, trouille, niquedouille, Gribouille et ratatouille.

    Cependant, notre andouille paraît détenir tant de puissance humoristique qu’elle est à la tête de cette joyeuse compagnie. On la soupçonnerait même d’agir par osmose, comme si la vis comica des mots en « ouille » procédait de l’Andouilleet n’y refluait, en portant les hommes qui ont tant besoin de gaieté pour accomplir leur bienséante désopilation.

    En Grèce du vivant d’Epicure qui n’en peut mais, l’enveloppe des intestins servait de préparation à un mets qui flattait le goût comme un dessert. Mais qui dira au juste de quoi étaient farcis les boyaux devenus friandises. C’est un secret aussi jalousement gardé que celui du charcutier de Max Favalelli, et nous ne pouvons honnêtement affirmer que les grecs aient connu la saveur « sui generis » de l’andouille.

    En effet la maman de Max Favalelli ayant un jour demandé au fils de son charcutier ce qu’était un secret, celui-ci lui avait répondu : « c’est ce qu’on met dans les andouillettes, Madame » .

    J’ai découvert par la même occasion que je n’avais rien inventé en présentant les foies de volaille sous forme de truffes au chocolat, les romains m’ont précédée.

    Extrait de la Célébration de l’Andouille.

    Jérôme Carcopino rend hommage à l’art consommé avec lequel les romains tiraient des chefs d’œuvre des entrailles du porc. Il nous rapporte notamment que Petrone vante les exploits du maître-queux si expert que d’une vulve de truie il tirait une apparence de poisson. Avec une dextérité de prestidigitateur, d’un morceau de lard, il faisait un pigeon. Le génie des cooks romains s’exerçait à cuisiner des plats dont les convives étaient empêchés d’identifier l’origine.

    Je ne voudrais pas vous laisser sur votre faim sans vous proposer une recette qui m’a séduite,

     

    Poire rôtie en robe de pain d'épices, andouillette et sauce camembert du blog de la cuisine & Caro que je vous invite à aller visiter.

     

     

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